Pour qui? Pour quoi?


A peine arrivée, j'ai eu envie de rédiger et d'illustrer nos découvertes et notre nouvelle vie. Pour ceux que ça intéresse, mais aussi pour nous, des fois que nos mémoires nous jouent des tours.

mardi 28 janvier 2014

Yayoi Kusama, la dame aux petits pois



Il semble j'aurais dû connaître Yayoi Kusama, une flamboyante artiste japonaise obsédée par les pois. Heureusement que je suis allée au Moca (où j'avais vu l'exposition consacrée à Chen Man) pour combler mes lacunes.


Née en 1929 à Nagano, elle a grandi dans une société japonaise patriarcale, incomprise de ses proches. " Tout a commencé par les hallucinations " affirme-t-elle. " Un jour, après avoir vu, sur la table, la nappe au motif de fleurettes rouges, j'ai porté mon regard vers le plafond. Là, partout, sur la surface de la vitre comme sur celle de la poutre, s'étendaient les formes des fleurettes rouges. Toute la pièce, tout mon corps, tout l'univers en étaient pleins ". Ces tâches, ces pois, nourriront son impression d’être "intégrée au décor". Elle réalise ses premières œuvres dans les années 1950, autour de motifs récurrents issus d'hallucinations d'enfance, tels que les pois, qui deviendront sa marque de fabrique.


En 1957 elle quitte le Japon pour vivre à New York où elle participe indirectement, et à sa façon, aux mouvements du Psychédélisme et du Pop Art, proche notamment de Mark Rothko ou Andy Warhol. " Ma vie est un pois perdu parmi des milliers d'autres pois…".


Infinity Net Paintings en 1959, One Thousand Boat Show en 1964, Driving Images en 1966 sont ses œuvres les plus célèbres, mêlant bateau, phallus, obsessions, images, sons, vidéos, mannequins et objets, recouverts de pois ou de macaronis.


En 1966, elle participe à la biennale de Venise sans y être invitée et sans autorisation. Elle déverse dans les canaux 1 500 boules miroitantes. Elle y retourne en 1993, officiellement invitée pour représenter le Japon.


Fatiguée mentalement, elle rentre définitivement au Japon en 1973 pour vivre dans un hôpital psychiatrique à Tokyo. Elle dispose d’un atelier en plus de sa chambre au sein de l’hôpital. Son " studio ", lieu de travail de son équipe, est situé de l’autre côté de la rue.


Yayoi Kusama a acquis la célébrité par des installations avec miroirs, ballons rouges, jouets, au milieu desquels elle se mettait en scène. Le MoCA lui consacre une rétrospective du 15 décembre 2013 au 30 mars 2014. L'exposition présente un choix d'œuvres réalisées depuis 1949  sous le nom de “A Dream I Dreamed ”.


Des pois, sa marque de fabrique, on en voit partout dans cette exposition, surtout en rouge et blanc, mais pas seulement, de grosses bulles suspendues au plafond ou posées par terre, assez grandes pour aller voir d'autres pois à l'intérieur. Des animaux à pois, des gens à pois, des peintures de pois... Et puis une chambre dans lquelle les visiteurs sont invités à coller des pois, sur les murs, sur le sol, sur les meubles. Nous en avons même collé ceux qui nous restaient sur nos vêtements et notre visage !

La notion d'infini est un fil conducteur dans toute l’œuvre de Yayoi Kusama.
Les miroirs démultiplient l’espace, les pois colonisent l’espace sans limites,
les échelles lumineuses n’ont ni début ni fin.
Le site du MoCA : http://www.mocashanghai.org/index.php?_function=home

samedi 25 janvier 2014

Le beau Huang Pu brun


Notre eau provient du Huang Pu. Or sa qualité décline, nous dit-on, particulièrement en amont. Du coup, en ville aussi. On nous parle de niveau trois et quatre, je n'ai pas la moindre idée de cette échelle.

Quand la rivière tente de s'échapper de son lit
 On nous informe aussi que selon la section, on peut atteindre le niveau cinq, le plus bas, et ça, ce n'est pas folichon. Les causes? 700 000 bateaux y circulent quotidiennement.


Il faut donc réagir. Bien sûr impossible de stopper les allées et venues des bateaux. On pourrait par contre éviter d'y lancer n'importe quoi, comme des cochons morts, par exemple.

Un réservoir de 2 km2 sera construit au nord de la rivière Taipu, il contiendra 5 millions de mètres cube du précieux liquide, assez pour fournir de l'eau pendant 3 jours quand celle-ci est vraiment trop polluée.

Preuve que les autorités prennent la menace au sérieux, un pipeline de 44 km de long, comprenant des tuyaux de 4 m de diamètre, sera également construit, reliant 6 affluents du Huang Pu. Ces conduites pourront être bloquées lors de pollution élevée. Ce système coûtera US$ 1.15 millards et devrait être en fonction en 2017.


Les autorités le disent, malgré toutes leurs bonnes intentions, nous ne sommes pas à l'abri d'ue pénurie d'eau si la population continue à augmenter.


mercredi 22 janvier 2014

Détecteur de produits de luxe


De corruption, j'en ai déjà parlé (On ne rigole pas !), je pourrais le faire régulièrement. Pourtant, depuis l'arrivée du nouveau gouvernement en 2012 (Xi Jinping), il semble que les petits cadeaux sont plus rares.

Ceux qui doivent veiller au grain ont du boulot, ils doivent étudier les produits de luxe des officiels, leurs vêtements, leurs montres... leurs lunettes !


Prenons Yang Dacai et voyons ce que cri.cn nous  raconte : " Un tribunal du nord-ouest de la Chine a condamné à 14 ans de prison un ancien responsable provincial de la sécurité du travail qui avait été photographié en train de sourire sur le site d'un tragique accident de la route. Yang Dacai, l'ancien directeur de l'Administration de la sécurité du travail du Shaanxi, a été reconnu coupable d'avoir accepté des pots-de-vin et de détenir un nombre important de biens sans pouvoir en expliquer l'origine [...]. Le tribunal a saisi les 250.000 yuans de pots-de-vin et plus de 5 millions de yuans de biens dont Yang Dacai ne pouvait justifier l'origine. Yang Dacai n'a pas fait appel de ce verdict rendu en première instance. [...] La chute de Yang Dacai a commencé après la publication sur Internet d'une photo le montrant en train de sourire sur le site d'un accident de la route ayant fait 36 morts en août 2012. Son attitude lors de cet événement avait été jugée insensible. D'autres photos sont ensuite parues sur Internet. Sur celles-ci, on peut le voir porter à son poignet des montres de luxe, lui conférant le surnom de "frère montre". Bien que M. Yang ait expliqué avoir acheté ces montres avec son salaire, les internautes ont jugé impossible qu'un fonctionnaire ait pu se permettre d'acquérir des produits si luxueux.[...] "


Ni les officiels du parti, ni le simple pékin du Shaanxi n'auraient remarqué tous ces signes extérieurs de richesse sans l'aide des internautes, qui ont aussi commenté sur les lunettes de marque du brave homme que son salaire ne pourrait lui permettre d'acquérir. 


C'est le job d'un panel d'experts d'observer et de détecter ce qu'un officiel porte, un cadre communiste doit s'habiller avec simplicité, selon son rang. Davantage doit être considéré comme louche. Or, beaucoup d'entre eux sont fiers de brandir leurs objets et gadgets de luxe, parfois aussi leurs maîtresses ainsi parées. Qu'ils prennent garde !

dimanche 19 janvier 2014

Wei Gensheng, le grutier qui aimait les photos


Wei Gengshei travaille sur la tour la plus haute de Shanghai (voir Imparfait). Dans sa grue, alors qu'il attend les ordres, il ne dort pas, il photographie...


On dit que la photographie est avant tout une question de perspective, Wei Gensheng l'a bien compris, ses photos sont spectaculaires, elles ont fait le tour du monde et lui ont même valu un prix... et quelques larmes, " je ne pouvais le croire, moi qui suis tellement ordinaire."


Depuis 38 ans, il occupe sa fonction de grutier à Shanghai. "C'est parfois très ennuyeux d'être bloqué pendant 12 heures dans une grue, je dois avoir une occupation pour tuer le temps. Il arrive que je doive attendre plusieurs heures avant de recevoir des instructions. Tout le matériel de construction est monté par ma grue, aucune erreur n'est permise. Je suis tout seul dans les airs", explique-t-il.


Il a été influencé par son frère aîné qui aimait la photographie. Dans les années 80, il s'est offert son premier appareil qui lui a coûté RMB 420, alors qu'il n'en gagnait que 36 par mois, "un luxe, mais je lisais beaucoup de magazines de photo." Il a réalisé qu'il occupait un poste d'observation exceptionnel. La plupart du temps, on photographie des bâtiments à l'horizontale ou depuis le bas, mais lui, c'est depuis le haut qu'il voit la ville. Une ville que tellement de gens immortalisent sous toutes ses coutures. Des professionnels lui ont rendu visite, mais peu ont réussi à fixer le moment parfait, "c'est impossible de photographier dans la précipitation, il faut capter la bonne lumière, le bon angle, les bons nuages. Il y a peu de jours qui permettent d'avoir un cliché de qualité."


"J'écoute les prévisions météo avant de commencer mon travail pour savoir si j'emporte mon appareil avec moi. Si le vent vient du sud-ouest, je sais que la visibilité sera bonne. L'été dernier avec ses très hautes températures a été une bonne saison. Qu'il fasse extrêmement chaud ou extrêmement froid est un bon signe. Je regrette d'avoir eu congé pendant la semaine de la Fête Nationale (1-7 octobre), j'aurais aimé capturer tous les feux d'artifice en soirée. Quelle splendide vue ça a dû être !"


C'est grâce à sa fille qu'il s'est fait connaître. Elle l'a convaincu de lancer un blog avec ses clichés. L'année prochaine, il prendra sa retraite. " J'ai des tas de projets. Je vais commencer par trier toutes mes photos. J'ai aussi décidé d'apprendre à utiliser le traitement des images sur ordinateur... Avoir eu la chance d'opérer une grue m'a apporté des satisfactions inattendues."


Quelle différence y a-t-il entre un amateur éclairé et un photographe professionnel ? 632 mètres, la hauteur du Shanghai Center !

jeudi 16 janvier 2014

Danser dans les parcs n'est pas au goût de tous


S'il y a une particularité dans la vie récréative de Shanghai qui me fascine c'est bien de regarder les gens danser, des dizaines, parfois des centaines de papillons qui virevoltent entre les arbres sur des musiques criardes ou chevrotantes, crachées par des appareils de fortune. Les amis qui nous ont rendu visite ont été touchés par la grâce des danseurs, leur aisance, leur élégance. Peu ont été tentés de se lancer dans une valse tournoyante, certains l'ont fait sous l’œil approbateur des danseurs locaux. Les Chinois apprécient que des étrangers partagent leurs coutumes. 


Comme je suis une très mauvaise danseuse (on m'a même collé le handicap d'avoir 2 pieds gauches dès mon enfance), je me suis toujours contentée de regarder et d’échafauder des projets pour mettre un peu de vie dans les parcs de ma petite ville suisse à mon retour. Mes pensées tourbillonnent en même temps que les papillons, sans écraser de pieds, c'est mieux.

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 Un exercice de jour en petit comité

Or, c'est avec stupéfaction que je lis que cette activité "bonne pour la santé" - selon les affirmations des danseurs - dérange. Ce n'est pas tant le tango (ou autres danses très chinoises, très sautillantes) qui importunent les habitants, voisins des parcs, non, c'est la musique tonitruante. A Guangzhou (Canton), on envisage même d'interdire cette pratique. A Shanghai, la loi est moins stricte, pas de danse, pas de karaoké entre 22.00 heures et 6.00 heures du mat dans les endroits publics. Et pas d'appareils audio toute au long de la journée, pour autant que cela dérange quelqu'un. La nouvelle loi est en vigueur depuis le 1er mars 2013 et, pour l'instant, aucune amende n'a été distribuée. Il faut dire que le service mis en place récolte 20 à 30 appels par jour, mais, après, les feuilles de réclamation se baladent entre le service des parcs et la police et le bureau de la protection environnementale et certainement d'autres bureaux et d'autres services.

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De nuit pour les choses sérieuses, mais pas très éclairé... forcément

Pourtant, certains voisins maudissent cette pratique, "le bruit me rend fou", "je dois mettre la télévision à plein tube", "je suis obligée de dormir avec des bouchons d'oreille et un bonnet", "mon fils doit étudier, comment peut-il le faire dans ce vacarme ?", "les parcs ne leur appartiennent pas !" Certains sont tellement fâchés qu'ils essaient de former un groupe de voisins pour avoir plus de poids auprès des autorités, ils ont envie d'arroser les danseurs d'eau glacée, de leur envoyer des mastiffs du Tibet...

On ne doit pas valser lorsqu’un mastiff tibétain attaque
Le bureau de la protection environnementale annonce qu'ils sont en train de réfléchir à une procédure pour déterminer qui est responsable de quoi. Du coup, pour l'instant, on continue à danser, on profite encore de se rassembler, de se détendre et de s'amuser dans la cacophonie. J'espère qu'ils pourront le faire encore longtemps, peut-être moins tard, moins fort. Ils donnent une âme à cette mégalopole et lui permet de conserver une apparence humaine.

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Un dimanche à Zhongshan Gongyuan


mardi 14 janvier 2014

Cotton Club


De notre quête incessante pour découvrir des endroits où écouter de la musique, j'en ai déjà parlé dans Red Town. Nous cherchons de nouveaux endroits, mais nous avons nos "classiques", un peu rares à mon goût. L'un d'entre eux est le Cotton Club, jamais plus éloigné de 15 minutes à pied de nos domiciles successifs.


Ce bar sombre et enfumé se vante d'être le plus vieux de Shanghai et l'un des premiers à avoir ré-ouvert (une fois que la révolution culturelle n'était plus qu'un mauvais souvenir, je suppose, années 90 ? 2000 ? je n'ai rien trouvé à ce sujet). Il fait vintage et ce n'est qu'une partie de son charme. La musique est bonne, calme, bluesy ou jazzy en semaine, dans une atmosphère presque recueillie, plus déjantée le week-end, selon l'ambiance. La semaine, on peut se glisser dans un fauteuil et siroter son drink sans problème; le week-end, il faut jouer des coudes pour s'approcher de la scène et s'accrocher à son verre pour qu'il ne soit pas renversé par ceux qui auraient la même idée que nous.


Au début de notre séjour, en 2010, je n'aurais pas osé franchir le seuil plutôt discret de l'établissement. Que l'on ne me demande même pas pourquoi, c'est comme ça, je suis coincée, il me faut du temps pour prendre mes marques. Mais quand j'aime, c'est parti ! Ce que j'aime là, c'est avant tout la musique, ma musique, délivrée par de très bons musiciens. Selon les soirs, en plus du groupe de base (guitare, basse, batterie, chant), les musiciens ont encore le support d'un trompettiste et/ou d'un harmoniciste. C'est le seul endroit que j'ai visité où je peux parfois savourer les envolées de trois guitares, là je ferme les yeux...

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Avec du recul, je réalise que nous sommes peut-être arrivés lorsque le Cotton Club amorçait un virage; la chanteuse attitrée venait de décéder, il fallait trouver un nouveau souffle. Depuis, nous avons dégusté de nombreuses voix, Denise, Arlene, Apphia, Raina, Ginger... et d'autres dont je n'ai pas retenu le nom.

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Depuis, nous avons nos connections - tellement importantes partout ici -, nous sommes reconnus, voire accueillis par un des serveurs. Fini de mettre en péril nos boissons dans des bousculades, fini de ne pas pouvoir nous relaxer totalement au son de la musique parce que nous surveillons les places qui se libèrent. Depuis, on nous trouve toujours un coin pour nous asseoir... Dommage que s'extirper des chaises soit souvent si difficile pour les clients. Sur une musique pareille, on a envie de bouger...

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http://www.thecottonclub.cn/

samedi 11 janvier 2014

Musée du film de Shanghai 上海电影博物馆

L'entrée du musée

" Contrairement à d'autres musées, un musée du film réveille les vies et les souvenirs des visiteurs..."


Le Musée du film de Shanghai s'est ouvert le 16 juin 2013 pour retracer l'histoire du cinéma à Shanghai, depuis les premiers moments magiques en 1896 à nos jours. Il est situé dans un ancien studio de cinéma à Xujiahui, 15 000 m2 sur 4 étages, et propose un parcours en immersion totale, dans une mise en scène fastueuse et vibrante, une palette de blanc noir, gris et doré (à l’exception de l’allée du tapis rouge), avec des expositions traditionnelles, mais aussi quelque 70 installations interactives. Dans l’intention de capter et faire ressentir l’essence du cinéma, et l’esprit du cinéma de Shanghai, l’accent a été mis dès le départ sur l’image en mouvement et l’opposition de l’ombre et de la lumière. La mission du musée est "de maintenir  la place internationale de Shanghai dans cette industrie ." Bravo ! Particulièrement en ces temps où la dite industrie bat de l'aile. Particulièrement dans ce pays où les films programmés dans les quelques cinémas sont avant tout des blockbusters américains et le reste, les films chinois, je ne les vois qu'en copies de DVD.


Mais allons voir. Après tout, les musées sont des buts de sortie appréciables en hiver pour profiter du chauffage et en été pour éviter le chaud. 

Le bonheur d'entrer dans le musée sous des salves d'applaudissements
Comme tout musée du cinéma qui se respecte, il expose des anciens accessoires, costumes, appareils et souvenirs des personnages et événements de l’histoire du cinéma de la ville, mais il permet aussi de visionner des films et clips vidéo. Il possède quatre cinémas, dont un équipé en 4D, ainsi que divers studios où l’on peut jouer au réalisateur ou au chef opérateur, s’initier aux techniques de l’animation ou de la postproduction, bref se sentir cinéaste le temps d’une visite. 


Le cinéma chinois est né à Shanghai dans les années 20. A l'époque la ville était surnommée l'Hollywood de l'Orient. Le cinéma y a été introduit par les Occidentaux qui occupaient la ville. En 1921, le premier long métrage chinois est réalisé, inspiré d’un célèbre fait divers : " Yan Ruisheng "(阎瑞生) ; suivent, en 1928, le premier film d’arts martiaux chinois à être sérialisé, " L’incendie du temple du Lotus rouge " (火烧红莲寺), ou encore, en décembre 1930, le premier film sonore chinois " La chanteuse Pivoine rouge " (歌女红牡丹), réalisé en collaboration avec Pathé. A cette époque, on recense 1.640 compagnies cinématographiques. Il était logique de retracer l’histoire de ce cinéma qui n’a cessé d’inventer et de se renouveler après avoir longtemps été à l’avant-garde en Chine.



Ce qu’il reste de ce patrimoine devait être mis en valeur, mais aussi restauré. Le musée sera en effet aussi un centre d’étude et de restauration de films anciens, qui se propose de travailler en collaboration avec divers organismes privés et publics.

Tous ces "acteurs" du cinéma chinois...

... et pas un nom connu !
Je me suis beaucoup amusée dans ce musée. J'ai regretté ne rien connaître au cinéma chinois, ou si peu. Heureusement, les amis cinéphiles avec qui j'étais n'en savaient guère plus que moi.
Si on souhaite remédier à cette situation, une adresse, http://www.youku.com/show_page/id_zcc06e174962411de83b1.html pour voir en streaming un film de 1950 "La vie d'un policier de Pékin". Si les 108 minutes du film semble une peu longues, on nous recommande les 17 dernières minutes. Mais en entier ça va aussi puisque ce film figure au 46e rang des 100 meilleurs films chinois.


Ce n'est pas la première fois que je constate que nous avons l'impression que nous sommes au centre du montre, quel que soit l'endroit d'où nous venons. Des centres du monde, il y en a partout ailleurs.


Adresse : 595 Caoxi Bei Lu, près de Puhuitang Lu, 漕溪北路595号, 近蒲汇塘路
Quartier de Xujiahui 徐家汇
Métro : Shanghai Indoor Stadium


Le site du musée : www.shfilmmuseum.com/

mercredi 8 janvier 2014

Le tourisme en Chine va bien merci !


On sait bien que le tourisme n'est pas la première industrie de Chine, ce n'est pas dans ce champ d'activité que les méchants Chinois piquent des emplois aux si gentils Occidentaux.

Pourtant, les revenus provenant du tourisme vont certainement avoir augmenté en 2013. Je mets des gants pour annoncer une augmentation de 11% car les chiffres exacts ne sont pas encore sortis. Ce petit 11% de rien du tout représente tout de même la modique somme de US$ 470.5 milliards, ni plus ni moins. Il y a quelques régions de notre vaste monde qui doivent en baver d'envie...


Qui sont ces touristes ? Des étrangers, en augmentation de 10%, malgré les chicanes plantées récemment (voir visa). Pourtant, les observateurs conseillent la prudence, la Chine devient chère, l'Inde, le Vietnam et la Thaïlande sont de sérieux concurrents. Si l'on veut du dépaysement coûte que coûte, sans particulière caractéristique, c'est moi qui ajoute. Je dirais encore que les chiffres ne sont que des chiffres : combien sont-ils à se convaincre que la Chine a besoin de leur savoir-faire ou de leurs produits pour transformer un séjour touristique en séjour professionnel ?


Mais ce sont les Chinois qui se mettent à voyager chez eux, particulièrement les gens des villes qui profitent de leurs vacances pour découvrir leur pays. Ils ont plus d'argent, ils sont curieux et ils n'ont pas besoin de visa pour leur propre pays. Alors ils sillonnent le pays, souvent en groupes, mais de plus en plus individuellement.

Pourtant, le tourisme devrait pouvoir augmenter si ses acteurs prenaient conscience de leurs atouts et de leurs faiblesses. Ceux et celles qui voyagent, particulièrement en groupes, se plaignent d'arrêts forcés dans des centres commerciaux, de prix surfaits pour une qualité à peine convenable, de programmes changeants et d'organisateurs peu scrupuleux. La première loi sur le tourisme a vu le jour en octobre passé pourrait permettre de faire un peu de ménage dans les pratiques douteuses, améliorer la protection des touristes et, du coup, aider l'Empire du Milieu à acquérir une meilleure image et attirer encore plus de monde. Mais où va-t-on les mettre ?