Pour qui? Pour quoi?


A peine arrivée, j'ai eu envie de rédiger et d'illustrer nos découvertes et notre nouvelle vie. Pour ceux que ça intéresse, mais aussi pour nous, des fois que nos mémoires nous jouent des tours.

mercredi 30 novembre 2011

Les villas de Gulangyu (Xiamen 厦门)

Ici, peu de bla-bla, qu'on se le dise. Juste des photos de maisons et de jardins de Gulangyu en face de Xiamen.

Cette maison mériterait d'être retapée avant qu'elle
ne s'écroule
Nous avons eu le coup de foudre
pour la petite maison








Un peu portugais, tellement chinois aussi
Et le chapeau turlututu n'est pas
pour la photo!










Après quelques essais, nous avons trouvé cette jolie
terrasse pour boire un verre

 

Plutôt joli, non?

"Notre" terrasse, le petit déj là, que du bonheur!
Et ici lors d'une pause café







mardi 29 novembre 2011

Xiamen 厦门 dans le Fujian

Xiamen
Gulangyu
 

Fin de l'année, solde de vacances à liquider, où aller? Bien sûr, il y a les endroits "classiques", Bali, Thaïlande et autres, mais moi j'ai envie de Chine parce que quand je regarde la carte je me dis que le temps passe et que nous n'avons encore pas vu grand chose. Donc Chine, oui mais où? On regarde la météo, c'est vite vu, ce sera direction sud.

Extrêmes températures à Beiergenhe en Mongolie intérieure le 13.11.2011, -30°C.
145 vols annulés. [Photo/Xinhua]
Fred propose Taiwan, mais est-ce vraiment la Chine? On se rabat sur Xiamen, juste en face. Il paraît que c'est joli et la TV nationale en anglais nous a passé pendant au moins 5 mois une pub sur le Fujian dont nous connaissions le texte par cœur. La province du Fujian, c'est justement où se trouve Xiamen. Et on dit que la pub ne sert à rien, tu parles! Je n'ai pas retrouvé cette pub, dommage, mais j'en mets une autre.


Alors c'est parti le 20 novembre direction Xiamen, 90 minutes de vol.

Bien sûr un aéroport très moderne
Xiamen 厦门 est une ville de la province du Fujian. Sa population était de 3,531,347 habitants en 2010 (la ville seule compte environ 1,8 millions habitants sur 136 km²). Elle était anciennement connue sous le nom d'Amoy, dénomination locale de la langue minnan, que lui avaient donné les premiers voyageurs européens. Les îles Jinmen administrés par Taiwan sont à moins de 10 km de la ville.


Un peu d'histoire? Bon, d'accord. C'est en 1387 sous la dynastie Ming qu'on a construit un fort pour se protéger des pirates. Près de 300 ans plus tard, ils l'ont servi pour barrer la route aux Manchus. En 1541, les premiers étrangers, principalement des Portugais, sont arrivés à Xiamen, intéressés par le commerce du thé. Guerre de l'opium, Traité de Nanking, comme partout. Xiamen est devenu un des cinq ports (Shanghai, Canton, Ningpo, Fuchow et Amoy) autorisés à commercer avec le monde. C'est par là que les missions protestantes sont arrivées en Chine. Les Européens se sont installés sur la petite île Gulangyu, en face de l'île principale de Xiamen. De nos jours, Gulangyu est connue loin à la ronde pour son architecture.

La rue principale de Xiamen
Le Fujian comprend de nombreuses majorités ethniques.
Est-ce que ces gens sont des Hakka?
Toute la région a été occupée par les Japonais pendant la 2e guerre mondiale et les Communistes ont repris les terres en 1949, sauf Jinmen qui allée aux Nationalistes de Taiwan. C'est sur Wikipedia que j’ai trouvé ces infos, where else?


Nous avons choisi de poser nos sacs sur Gulangyu. Il faut donc s'y rendre en bateau. Il y a des traversées rapides et nombreuses, mais je me suis trompé de guichet et nous avons eu droit à une "croisière" (avec commentaires et même chansons du commentateur) autour de l'île avant de pouvoir débarquer.

video







Eh bien, c'était encore plus joli que nous l'avions imaginé. Nous avons parcouru l'île dans tous les sens en nous extasiant devant tant de belles villas et en faisant des pauses dans ses nombreux cafés.

video

Les dames joueuses de tambour de la vidéo
Et les Blues Brothers, version Chine 2011 avec i-pad
Encore un endroit qui voudrait être reconnu!

mercredi 23 novembre 2011

Souriez, le petit oiseau va sortir


J'ai déjà un peu parlé de ces Chinois très prompts à nous photographier sur Tous des sauvages.

Le sujet  revient sur le tapis maintenant car je viens d'apprendre que la photo numérique a 30 ans. C'est dingue, non? Bon, apparemment, le tout premier appareil n'était pas vraiment au point, mais depuis 1994, les fabricants n'ont pas ménagé leurs efforts et c'est d'abord à qui aura le plus de pixels, puis à qui fera le plus petit appareil, et maintenant qui offre la vidéo full HD ou est équipé de caractéristiques de plus en plus sophistiquées telles que la reconnaissance des visages, GPS ou d'une connexion wi-fi. En cours, des recherches pour des photos en 3D.




Si les Chinois n'ont peut-être pas eu les premiers appareils de photo numériques, depuis ils se sont sont bien rattrapés puisqu'ils photographient à tout va. Il n'est pas rare d'entendre un clic et de réaliser qu'on s'est fait tirer le portrait. 

On s'en rend compte sur ce blog, j'en fait de même. Parfois, je demande la permission, parfois je vole des images. La frontière en espace public et espace privé n'est pas toujours évidente. Pour moi, une scène de rue, c'est public, mais si au premier plan se trouve un couple sur un vélo, est-ce que ça reste public? C'est là que j'ai l'impression de "voler" des images.

C'est une discussion que j'ai eue avec deux autres convives quand je suis allée chez le Consul Général Adjoint de Suisse et Madame . L'une d'entre elle déclarait que c'est exactement ce qu'elle détestait en Chine, être constamment photographiée à son insu et qu'on ne respectait pas les droits de la protection de l'image. Et l'autre était d'accord. Et moi pas. J'avais et j'ai toujours l'impression que tant qu'un nom n'est pas associé à une image, la personne sur la photo reste anonyme, un quidam, ou, comme on dit ici un simple pékin. C'est en tous cas avec cet argument de poids que j'ai pu utiliser mon top modèle préféré (et unique, ça tombe bien) pour qu'il figure sur mon blog : pas de nom!


M. Zhang?

Mme Wang?

M. Li?

dimanche 20 novembre 2011

La Concession américaine



Avant de lancer ce sujet, je crois qu'il faut remettre en contexte la création des concessions étrangères à Shanghai. J'en ai trouvé un résumé sur http://membres.multimania.fr/shanghaishi/index2.html. Il est bon de signaler que le point de vue occidental diffère du point de vue chinois qui résume cette période en la nommant "le siècle de la honte".

Un poste frontière vu par Hergé dans Tintin - Le lotus bleu
"Plusieurs facteurs sont à l’origine de l’intervention occidentale en Chine. Tout commence par la disparition progressive de la Compagnie Anglaise des Indes Orientales qui débute par la suppression de son monopole commercial en 1813 et se poursuit par l'abandon de ses fonctions commerciales en 1833. Pendant plus de deux cents ans elle avait fait régner sa loi sur tout le commerce asiatique, du moins en ce qui concerne les transactions avec l’Angleterre, et sur le sous-continent indien dont elle avait le contrôle administratif absolu. Elle sera abolie en 1858, laissant l’Indes sous le contrôle de la couronne britannique. La compagnie progressivement démantelée place sur le marché asiatique des entrepreneurs désormais libres de se lancer dans de nouvelles entreprises. L’Occident, au début du XIXe siècle, manque de produits à échanger contre le thé et les soieries. L’Occident a pendant longtemps vu des flots d’argent (Ag) entrer en Chine pour n’en point ressortir. L’Angleterre dépensait annuellement 5mio de livres, alors qu’elle vendait pour 1,5mio de livres de ses produits (principalement des lainages), ce qui lui faisait un déficit de 3,5mio de livres.

Le commerce de l’opium doit inverser cette tendance, mais les Chinois ne l’entendent pas de cette oreille. Pour la première fois leur balance commerciale devient négative, ses produits d’exportation ne suffisant pas à compenser la demande toujours croissante de drogue. C’est au tour de la Chine de perdre de l’argent métal et, comme son système monétaire ne dépend que de lui puisque le papier monnaie n’existe pas, elle commence à se ruiner. Le pouvoir d’achat des Chinois diminue, et la dépression économique s’installe multipliée dans les esprits par les problèmes de drogue.
Ordre est donné d’interdire l’importation de l’opium, responsable du déséquilibre de l’économie chinoise, ce qui irrite fortement les marchands occidentaux qui sont déjà en train d’établir des fortunes immenses grâce à ce produit. Lorsqu’une cargaison est saisie et brûlée par les autorités chinoises, la réaction est immédiate. C’est la " première guerre de l’opium ". Le 16 juin 1842, les navires anglais remontent la Whangpoo pendant qu’une colonne d’environ deux mille soldats marchent sur Shanghai par voie de terre. Devant la supériorité militaire des occidentaux, les Chinois préfèrent établir une situation de calme plutôt que de continuer dans une tourmente dont elle ne sait pas où elle pourrait la conduire. Le traité de Nankin du 29 août 1842 met fin à cette guerre, ouvrant les cinq ports de Shanghai, Ningpo, Canton, Amoy et Foochow au commerce. Mais les termes du traité ne portent pas seulement sur le droit de commercer. Ils accordent également aux étrangers le droit de s’établir dans ces ports avec leurs familles. De plus, il n’est considéré que comme un document préliminaire, une déclaration de principe sur laquelle un nouveau système doit être érigé. En plus de l’ouverture des cinq ports, la Chine doit verser une indemnité de 21'000'000 $, supprimer le système monopolistique des Cohongs mis en place à Canton du côté chinois pour traiter avec les étrangers, accepter l’établissement de consuls britanniques dans chacun des ports, établir un système de taxes uniforme et modéré pour les importations et les exportations, et céder l’île de HongKong au gouvernement anglais."

J'ai déjà parlé de nos promenades dans la Concession française où nous habitons et la Concession britannique. Cette fois, c'est de l'autre côté de la rivière Suzhou, dans le quartier de Hongkou que nous allons.

Le pont Waibaidu construit en 1907
pour permettre la traversée par des trams,
en remplacement du premier pont de bois
à traverser la rivière Suzhou
Juste à côté, le Consulat russe construit en 1917. Il a bien sûr
été le Consulat soviétique, puis, quand les relations
sino-soviétiques se sont dégradées, est devenu un hôtel de
marins. Et maintenant de nouveau le Consulat russe.
La boucle est bouclée.



Juste derrière le Consultat russe, l'hôtel Astor House aurait aussi
quelques histoires à raconter. En 1911 à sa construction, il était
l'un des premiers hôtels occidentaux de Chine, en tous cas,
l'hôtel à la mode en ce temps. Des invités prestigieux (Chaplin,
Einstein, Marconi, ...) y ont séjourné.



Broadway Mansions. A l'origine un bâtiment
art deco de luxe devenu maintenant un hôtel
sans charme. A noter, la forme extérieure
représentant le caractère ba 八, 8 en chinois
symbole de chance.
Tout ce petit coin avec Pudong en arrière-plan, de l'autre
côté du Huang Pu, depuis le pont Zhapu.




Au fil de la balade, nous découvrons une petite rue, Panlong Jie,
dont les maisons datant de 1920 rappellent la Nouvelle Orléans.


Plus loin sur Zhapu Lu, au carrefour avec
Kunshan Lu.
Même si les concessions anglaise et américaine se sont unies pour devenir la Concession internationale en 1863, le quartier abritait la majorité des résidents et des missionnaires américains.

L'église méthodiste Young John Allen...
... où ça a l'air de drôlement chauffer!















De loin, de l'étranger ou d'un taxi, tous ces quartiers peuvent se ressembler et ils ne sont peut-être pas ce qu'on attend de Shanghai, métropole de 21e siècle. Pour nous, c'est tout autre. Nous habitons dans un quartier bien typé et celui que nous visitons maintenant nous paraît tellement différent. J'irais même jusqu'à dire que la suite de la découverte m'a paru particulièrement dépaysante. Etait-ce à cause de la lumière dorée de la fin de l'après-midi ?

Une rue bien tranquille, Kunshan Lu
Il doit y avoir de jolis appartements à Quinsan Garden Apartments.
Juste en face, il y a un petit parc dans lequel les habitants locaux
suspendent leurs cages à oiseaux en bambou. Il faudra revenir...
un dimanche matin!
Et nous arrivons dans une rue très animée, un petit bijou, Jianxi Lu. Comme c'est la fin de la journée, les vendeurs de nourriture ambulants préparent leurs plats. C'est un régal des sens, vu que le tofu puant n'est pas encore au menu !

 



 













 


On n'oublie pas de jeter un œil
aux petites allées



















Et nous voici de nouveau au bord de la Suzhou
Notre bouquin le dit, il faut se dépêcher de visiter tous ces endroits
car très vite ils peuvent être démolis. La ville est un chantier permanent.
L'immeuble au premier plan a été commandité par un homme d'affaires influent, Victor Sassoon, un juif séfardi, et construit par les architectes Palmer et Turner en 1932.
En 1937, lors de l'arrivée de l'armée japonaise aux abords nord de la ville, les étrangers se sont installés dans le sud de la ville. Leurs appartements ne sont pas restés vide bien longtemps. Des centaines de juifs européens qui fuyaient le régime hitlérien ont trouvé refuge à Shanghai  (les visas pour y venir n'étaient pas nécessaires en ce temps) dans cet immeuble que Sassoon a mis à leur disposition.
En 1941, les japonais ont envahi toute la ville, y compris ce bâtiment.

Derrière les badauds qui promènent leur toutou on voit
le bâtiment General Post Office (1924).
On nous dit que la vue depuis la terrasse sur le toit y est
fabuleuse. Il faudra y retourner car elle est en réfection.


Et c'est encore une poste !